Aller au contenu

Collimater un Newton ou un Dobson

Un télescope à miroirs (Newton, Dobson) renvoie la lumière par deux miroirs avant l’oculaire.

S’ils ne sont plus exactement dans l’axe, l’image s’amollit : les étoiles ne deviennent jamais des points nets, les planètes restent sans détail. Remettre les miroirs dans l’axe s’appelle la collimation. Cela fait peur, cela prend cinq minutes, et l’outil coûte le prix d’un repas. Cette page dit comment savoir s’il faut le faire, dans quel ordre, et à quoi ne pas toucher.

La réponse courte

  • De jour, ôtez l’oculaire, rentrez le porte-oculaire à fond et mettez le bouchon de collimation : un capuchon percé d’un petit trou au centre.
  • Regardez par le trou. Vous devez voir des cercles emboîtés les uns dans les autres, bien centrés : le tube du porte-oculaire, le petit miroir, le grand miroir reflété dedans, et au milieu l’anneau peint au centre du grand miroir.
  • Si l’anneau central n’entoure pas le reflet du trou, tournez les vis à l’arrière du tube, celles du grand miroir, jusqu’à ce qu’il l’entoure.
  • Le soir, vérifiez sur une étoile brillante un peu défocalisée : l’ombre du petit miroir doit être au centre du disque.

Pourquoi un Newton se dérègle

Le grand miroir repose au fond du tube sur trois ressorts, réglé par trois vis. Un trajet en voiture, un tube posé un peu brusquement, un changement de température, et il bascule d’une fraction de millimètre. Ce n’est pas un défaut de fabrication, c’est la conception : un miroir réglable est un miroir qui peut se dérégler. Une lunette ou un Maksutov, dont les optiques sont fixées en usine, n’ont pas ce souci, et pas ce réglage non plus.

Plus le télescope est « ouvert », c’est-à-dire plus son rapport focale sur diamètre est petit, plus la tolérance est serrée. Un 130/650 ou un 150/750 (f/5) pardonne moins qu’un 114/900 (f/8). Ce sont justement les Dobson de table et les Dobson courants qui sont à f/5 ou f/6.

Comment savoir s’il faut le faire

Deux contrôles, l’un de jour, l’autre de nuit. De jour, le bouchon de collimation montre en trente secondes si les cercles sont centrés. De nuit, le test sur étoile est le seul juge : c’est l’image qu’on regarde, pas l’outil.

  • Attendez que le télescope soit à température, une heure environ : un miroir encore chaud brouille le test et fait croire à un dérèglement.
  • Visez une étoile brillante, haute dans le ciel, et centrez-la avec l’oculaire qui grossit le plus.
  • Tournez la mise au point jusqu’à ce que l’étoile devienne un petit disque d’anneaux, avec un trou sombre au milieu : c’est l’ombre du petit miroir.
  • Si le trou est au centre du disque, la collimation est bonne. S’il est décalé d’un côté, il faut régler le grand miroir.

Pas à pas, avec un bouchon de collimation

Faites-le de jour ou dans une pièce éclairée, tube à l’horizontale ou un peu incliné vers le bas : une vis qui échappe ne tombe pas sur le miroir. Un mur ou une feuille blanche derrière le petit miroir aide à voir les contours.

  • 1. Le petit miroir (secondaire), seulement s’il le faut. Regardez par le bouchon : le grand miroir doit apparaître entier et centré dans le petit. Si un bord est coupé, réglez les trois petites vis du support du secondaire, par petites touches, chacune un peu.
  • Ne touchez pas à la vis centrale du support du secondaire : elle tient le miroir en place, et la desserrer le fait tourner ou tomber dans le tube.
  • 2. Le grand miroir (primaire). À l’arrière du tube, il y a trois vis de réglage et, souvent, trois vis de blocage. Desserrez un peu les vis de blocage, puis tournez une vis de réglage à la fois, d’un quart de tour, en regardant par le bouchon.
  • Le but : que l’anneau peint au centre du grand miroir entoure exactement le reflet du trou du bouchon. Quand c’est le cas, resserrez les vis de blocage, sans forcer, et revérifiez.
  • 3. Le soir, confirmez sur une étoile. Si l’ombre du petit miroir est encore décalée, une retouche du grand miroir, en regardant dans l’oculaire, finit le travail.

Et le collimateur laser ?

Un collimateur laser se glisse dans le porte-oculaire et projette un point sur le grand miroir, puis son retour sur une cible. C’est plus rapide, surtout sur un grand Dobson où l’on ne peut pas regarder dans le porte-oculaire et atteindre les vis en même temps. Mais un laser n’est juste que s’il est lui-même aligné, et les modèles bon marché ne le sont pas toujours. Un laser faux règle le télescope faux, avec beaucoup d’assurance.

  • Avant de s’en servir : posez-le dans le porte-oculaire sans serrer, allumez-le, et faites-le tourner sur lui-même. Le point sur le grand miroir doit rester immobile.
  • S’il décrit un cercle, c’est le laser qui est déréglé, pas le télescope. Il se règle par ses propres vis, ou se renvoie.
  • Le serrage du porte-oculaire peut aussi le pencher : vérifiez le point une fois serré.

ExpérienceUn avis, pas de la physique — partagé par à peu près tous ceux qui ont aidé un débutant.

  • Un laser bon marché utilisé tel quel, sans vérification

    S’il n’est pas aligné lui-même, il dérègle un télescope qui allait bien.

    À la place
    Un bouchon de collimation, puis le test sur étoile ; un laser plus tard, vérifié en le faisant tourner dans le porte-oculaire.
    Ce que ça change
    Le bouchon coûte 8 à 20 €, et il est souvent déjà dans la boîte.

Quand ne pas y toucher

  • Quand le test sur étoile est bon. Des cercles parfaitement concentriques dans le bouchon ne sont pas le but ; une étoile nette l’est.
  • Quand le télescope sort d’une maison chaude ou que la turbulence est forte : l’image floue n’a alors rien à voir avec les miroirs.
  • Sur une lunette, un Maksutov ou un télescope connecté : leurs optiques sont réglées en usine, et un démontage fait plus de mal que de bien. Un Schmidt-Cassegrain se collimate, mais par une autre méthode que celle-ci.
  • Sur un Newton à « Bird-Jones », dont le porte-oculaire contient une lentille correctrice : le réglage demande de la retirer et de la remettre, ce qui n’est pas un travail de premier soir.
  • L’anneau peint au centre du grand miroir : ne l’enlevez pas. Il se trouve dans l’ombre du petit miroir et ne retire rien à l’image.

Avant de régler : la mise en température

Ce qu’un débutant peut ignorer

Les guides de collimation avancés parlent du décalage du secondaire, de l’équerrage du porte-oculaire, des oculaires Cheshire et des autocollimateurs. Tout cela est vrai, et rien de cela ne compte pour une première année en visuel. Le secondaire est réglé en usine et bouge rarement ; ce qui se dérègle, c’est le primaire, et trois vis le remettent en place.

Une fois l’image nette : quel oculaire ajouter

Les questions qu’on pose

Comment savoir si mon télescope doit être collimaté ?Regardez une étoile brillante un peu défocalisée, une fois le télescope à température : si l’ombre sombre au milieu du disque n’est pas centrée, il faut collimater.

De jour, un bouchon de collimation montre la même chose en trente secondes.

À quelle fréquence collimater un Dobson ?Vérifiez à chaque sortie, cela prend trente secondes.

Réglez quand c’est décentré : souvent après un trajet en voiture, plus rarement si le télescope reste à la maison.

Faut-il un collimateur laser ?Non pour débuter.

Le bouchon de collimation suffit en visuel et ne se dérègle jamais. Un laser va plus vite, mais seulement s’il est lui-même aligné : faites-le tourner dans le porte-oculaire, le point ne doit pas bouger.

Dans quel ordre régler les miroirs ?Le petit miroir (secondaire) d’abord, et seulement si le grand n’y apparaît pas entier et centré.

Puis le grand miroir (primaire), par ses vis à l’arrière du tube. Dans la plupart des cas, seul le primaire a besoin d’être retouché.

Une lunette doit-elle être collimatée ?En pratique, non : ses lentilles sont fixées en usine.

Ni un Maksutov, ni un télescope connecté. La collimation à la maison concerne les Newton et les Dobson.

Peut-on enlever le rond au centre du miroir ?Non, et il ne gêne pas : il est dans l’ombre du petit miroir, donc il ne retire aucune lumière à l’image.

C’est le repère qui sert à collimater.

Méthode et changements

Ce sur quoi repose cette page et quand elle a changé, calculé depuis le catalogue — aucune date ci-dessous n’est tapée à la main. Il n’existe pas encore d’historique des prix : ce journal dit ce qui a été relevé et quand, jamais si c’est monté ou descendu.

  1. Première publication

Un prix par modèle : l’offre la moins chère relevée, avec sa date. Les modèles sont classés par ce prix, jamais par ce que rapporte un lien. Comment on choisit.

Écrit et tenu à jour par la personne derrière À propos.